đŸ‡Č🇩-MRE : comment le Maroc espĂšre sĂ©duire la diaspora scientifique?

 

Le Programme national d’appui Ă  la Recherche, DĂ©veloppement et Innovation – PNARDI – a pour objet d’ injecter un milliard de dirhams, de 2025 Ă  2028, dans les laboratoires du Royaume.

Celui-ci veut hisser la recherche marocaine dans la cour des grands en pariant sur quatre Ă©ditions annuelles d’appels Ă  projets et sur six domaines jugĂ©s stratĂ©giques : gestion de l’eau, valorisation des phosphates, santĂ©, sĂ©curitĂ© alimentaire, Ă©nergies renouvelables et sciences sociales.

Au cƓur du dispositif PNARDI, 200 millions de dirhams seront rĂ©servĂ©s Ă  la mobilisation des Marocains du monde.

Ce volet, inĂ©dit par son volume, repose sur un faisceau d’incitations conçu pour rĂ©pondre aux rĂ©alitĂ©s d’une diaspora aujourd’hui souvent binationale.

D’abord, chaque appel Ă  projets affichera un guichet diaspora : la prĂ©sence d’un chercheur ou ingĂ©nieur MRE Ă  la tĂȘte d’un consortium augmente les chances de financement, et l’association d’une entreprise nationale pĂšse encore davantage dans la sĂ©lection.

Les laurĂ©ats pourront obtenir jusqu’à dix millions de dirhams et un accĂšs gratuit aux grandes plateformes technologiques de l’UM6P – supercalculateur, Green Energy Park ou laboratoires de phosphates – pour la durĂ©e du projet.

Ensuite,des chaires d’excellence de trois ans seront créées, assorties d’un traitement alignĂ© sur les standards internationaux, d’une exonĂ©ration d’impĂŽt sur le revenu pendant cinq ans et d’un budget d’installation couvrant dĂ©mĂ©nagement, logement et scolaritĂ© des enfants.

Pour les profils plus jeunes, les Fellowships Ibn Battouta financeront des sĂ©jours de un Ă  douze mois, afin de lancer une Ă©quipe doctorale ou une ligne expĂ©rimentale avant de nĂ©gocier, s’ils le souhaitent, un retour permanent.

Parce que nombre de chercheurs n’envisagent pas, du jour au lendemain, de quitter leur poste Ă  Boston, Paris ou MontrĂ©al, le PNARDI mettra en ligne une plate-forme e-RDI Hub.

Elle offrira bureau virtuel sĂ©curisĂ©, visioconfĂ©rences lab-to-lab et reconnaissance automatique – dans la carriĂšre marocaine – des heures d’enseignement donnĂ©es Ă  distance.

Autrement dit : la double nationalitĂ© n’est plus un obstacle, pas mĂȘme un enjeu administratif ; elle devient au contraire un levier pour irriguer les laboratoires nationaux sans rupture avec les rĂ©seaux Ă©trangers.

La logistique, longtemps pointĂ©e comme le maillon faible du retour des talents, sera traitĂ©e par une cellule Accueil Recherche au CNRST : visa scientifique dĂ©livrĂ© en quinze jours, Ă©quivalence rapide des diplĂŽmes, accompagnement du conjoint vers l’emploi, passerelles vers les lycĂ©es internationaux pour les enfants.

Les chercheurs-entrepreneurs, eux, pourront dĂ©crocher jusqu’à deux millions de dirhams d’amorçage via le sous-programme Nefzaouia pour crĂ©er une start-up deep-tech sur le sol marocain.

Le premier appel « Ă©dition 2025 » sera publiĂ© dĂ©but juin, avec une sĂ©lection prĂ©vue en dĂ©cembre pour un dĂ©marrage des financements le 1á”‰Êł janvier 2026.

Objectif affichĂ© : mobiliser, d’ici 2028, environ 150 scientifiques de la diaspora sous une forme ou une autre – retour durable, sĂ©jours rĂ©guliers, pilotage de projets Ă  distance.

L’heure de vĂ©ritĂ© arrive : si ces incitations tiennent leurs promesses, le PNARDI transformera enfin la fiertĂ© d’origine et la double appartenance des MRE en moteur tangible de souverainetĂ© scientifique.

Source : Le Maroc veut le retour des MRE & Un fonds d’un milliard de DH pour le Programme national d’appui Ă  …

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