🇲🇦-Stress hydrique : déminéralisation des eaux saumâtres, enjeu stratégique

C’est quoi des “eaux saumâtres” ?

Les eaux saumâtres en milieu continental peuvent être superficielles (dans un oued, un ruisseau ou un lac) ou souterraines.

Généralement, ces eaux deviennent saumâtres lorsqu’elles traversent des terrains (en surface ou en profondeur) qui sont salifères.

Par exemple, si une eau traverse un terrain du Trias1, sa salinité va augmenter parce que ce genre de terrain a été formé dans un milieu très salé et continue à ce jour à être très chargé de sel.

On a également les eaux qui se salinisent ou qui deviennent saumâtres parce qu’elles ont traversé des terrains basaltiques qui sont également de nature à libérer du sel.

C’est le cas également pour l’eau qui traverse certaines roches, notamment le sel gemme et le gypse.

Le degré de salinité de l’eau sera déterminé par la nature du milieu qu’elle a traversé et la durée qu’elle y a passé.

Dans la nature, il existe des cas où les eaux douces et saumâtres se mélangent. Il s’agit d’équilibres hydrologiques qui se font naturellement depuis la nuit des temps.

Il existe toutefois des phénomènes inquiétants de salinisation qui peuvent être causés par la surexploitation des eaux souterraines d’une nappe littorale.

C’est le cas par exemple dans la nappe du Souss, qui est menacée par l’intrusion d’eau de mer suite à la baisse drastique des niveaux des eaux souterraines.

Déminéraliser l’eau saumâtre et dessaler l’eau de mer sont des idées qui ne datent pas d’hier.

Durant la période de l’Antiquité, les marins confrontés à la problématique d’approvisionnement en eau à bord des bateaux avaient déjà trouvé des solutions en faisant bouillir de l’eau de mer pour en extraire de l’eau non salée par condensation de la vapeur produite.

Il a cependant fallu attendre le 18ème siècle pour que les chercheurs commencent à explorer des procédés permettant d’augmenter la production, améliorer la pureté de l’eau ou économiser l’énergie.

Ce n’est qu’au début du siècle dernier que sont apparus les premiers procédés industriels de distillation.

Le procédé appelé « Osmose inverse », dont le principe est par ailleurs encore d’actualité aujourd’hui, a été pour sa part mis au point en 1959 à l’Université de Californie. Il s’agit d’un procédé membranaire dans lequel l’eau douce est extraite de l’eau salée à travers une membrane semi-poreuse, en appliquant une pression.

Publié il y a quelques jours, un rapport de la Commission Européenne s’est penché sur le niveau inquiétant de la sècheresse dans les pays méditerranéens en ce début d’année 2024.

Le document constate ainsi que l’ensemble des pays méditerranéens sont touchés de plein fouet par une sècheresse sévère qui dure depuis 2 ans pour certains (le Sud de l’Italie, le Sud de l’Espagne, la Grèce et Malte) et pour bien plus de 6 ans pour d’autres (pays d’Afrique du Nord).

Au début du mois de février, les réserves en eau du Maroc n’avaient pas dépassé les 23% : «un niveau bas avant même l’arrivée de la saison chaude.

Afin de garantir la sécurité d’approvisionnement pour les usagers de multiples programmes ont été mis en place.

Le dessalement de l’eau de mer se confirme comme une approche stratégique qui se complète par ailleurs par la mise en place de stations mobiles ciblant aussi bien le littoral (dessalement) que les ressources continentales en eaux saumâtres (déminéralisation).

En ce qui concerne le Souss, 3 grandes unités mobiles de dessalement d’une capacité est de 100 litres par seconde vont être positionnées à Taghazout et dans le Nord de la région d’Agadir

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Source : Eaux non-conventionnelles : L’enjeu stratégique de la déminéralisation des eaux saumâtres [INTÉGRAL]

  1. Le Trias (autrefois Triassique) est un système géologique, subdivision de l’ère Mésozoïque comprise entre −252,2 ± 0,5 et −201,3 ± 0,2 millions d’années. Le Trias est précédé par le Permien et suivi par le Jurassique.

    Défini et nommé par le géologue allemand Friedrich August von Alberti en 1834, le Trias doit son nom aux trois unités (litho-)stratigraphiques dont il se compose en Europe centrale : Buntsandstein (grès bigarré), Muschelkalk (calcaire coquillier) et Keuper.
    ↩︎

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